🇨🇲 Inflation : hausse en catimini du prix de la bière

🇨🇲 Inflation : hausse en catimini du prix de la bière
🇨🇲 Inflation : hausse en catimini du prix de la bière

Il y a eu une augmentation en catimini du prix de la bière. Dans la plupart des quartiers de Yaoundé, la bouteille de 60 centilitres coûte 700 Fcfa depuis plusieurs semaines. La Synergie nationale des exploitants des débits de boissons (Synedebocam) que vous dirigez est-elle au courant de cette situation ?

Dans une de mes précédentes interventions dans les colonnes de votre journal, j’avais prévenu le ministre du Commerce que même s’il n’y a pas d’augmentation officielle, les détaillants procéderaient inévitablement à une révision à la hausse du prix de la bière. Depuis 2019, les marges des détaillants sont très arrondies sur fond d’agissements en violation de la loi par certaines entreprises concurremment aux avantages conférés aux détaillants. Il y a un problème au niveau de la structure des prix pour certains producteurs et dans certaines entreprises, on note la non application de la loi qui garantit un certain nombre d’adhérents des centres de gestion agréés (Cga). C’est ce qui explique cette augmentation.

Est-ce que vous pouvez être plus explicite sur la diminution des marges des détaillants ? Par ailleurs, quels sont les avantages dont vous seriez délestés ?

Dans la foulée de l’augmentation de 2019, les marges ont diminué en termes de pourcentages d’abord. Si vous prenez un casier de bière qui coûtait jadis 5400 Fcfa au prix de gros, qui est passé à 6600 Fcfa avec la même marge de 600 Fcfa par casier ; puis à 7200 Fcfa avec la même marge, vous comprendrez que mathématiquement parlant les marges ont diminué d’environ 22%. Par calcul inversé, si vous prenez divisez 600 Fcfa par 5400 Fcfa, vous aurez un taux en termes de pourcentage de marge par casier. Si vous divisez les mêmes 600 Fcfa de marge conférée par 7200 Fcfa, vous verrez que la marge baisse considérablement. De manière pratique, vous investissiez 100.000 Fcfa il y a 5 ans et vous aviez 19 casiers de bière pour une marge de 600 Fcfa par casier. Aujourd’hui, le même casier coûte 7200 Fcfa et la marge a été conservée à 600 Fcfa. Or, en investissant le même capital, vous ne pourrez avoir que 14 casiers. Donc, vous perdez la marge sur 5 casiers avec le même investissement. Entretemps, les marges sont les mêmes ou alors elles évoluent, parce qu’avec l’explosion des prix des matériaux de construction, les loyers augmentent. Par conséquent, on est obligé d’arrondir.

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Votre syndicat n’est donc pas opposé à cette hausse unilatérale qui est un pied de nez au ministre du Commerce ?

Les détaillants ont choisi, au lieu de fermer, d’améliorer leurs marges par eux-mêmes. Contrairement à ce que vous dites, cela ne s’est pas fait de manière unilatérale. Nous avons saisi les sociétés brassicoles ; nous avons même demandé l’arbitrage du ministre du Commerce. Ces sollicitations sont restées lettre morte, bien que nous ayons donné des explications que nous avons crues déterminantes pour la survie de notre secteur. On nous a répondu que l’Etat a besoin de recettes même si c’est sur le dos de quiconque. De notre côté, nous avons aussi besoin de vivre. J’ai récemment parlé d’une société qui viole la loi au vu et au su de tout le monde en ne reversant pas les précomptes sur achats depuis 2016 aux adhérents des centres de gestion agréés. Elle vient d’être rachetée par le mastodonte sur secteur. Elle s’en va avec une réclamation que nous avons faite auprès d’elle de plus de 6 milliards Fcfa. Ce manque à gagner, des gens chercheront toujours à le récupérer chez le consommateur final. Le manque de concertation et de communication est la cause de ce qui se passe, et nous ne sommes qu’au début.

C’est-dire quoi au début ? Vous pensez qu’une nouvelle hausse officielle est inévitable ?

Si le gouvernement décide unilatéralement d’augmenter comme cela a toujours été fait au profit des producteurs, nous allons davantage répercuter cette augmentation sur le consommateur final. C’est un inconvénient. Il y a quelques jours, le géant de la bière au Cameroun a été reçu par le ministre du Commerce. Ils ont parlé des prix et indiqué que ceux-ci resteraient intacts. Je me demande comment on peut parler des prix au sommet sans associer ceux qui manipulent les prix, ceux qui sont directement concernés. On donne l’impression que le gendarme des prix c’est le ministère du Commerce. C’est faux ! De manière pratique, celui qui garantit c’est le détaillant parce qu’on ne peut pas mettre un agent du ministère derrière chaque barman. Il faudrait que la collaboration s’intensifie pour le mieux de tous. Nous payons les impôts, nous avons un certain nombre d’engagements à respecter. On ne devrait pas nous contraindre à aller chercher du travail uniquement dans la fonction publique. Bien que notre secteur se rapproche un peu de l’informel, nous sommes un gros contributeur au budget de l’Etat. A tort peut- être, l’on considère que ce sont les sociétés brassicoles qui le sont, or, elles ne collectent pas. La relation directe est entre le consommateur et le détaillant.

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On a l’impression que vous vous êtes passé le mot. Est- ce que les syndicats des détaillants de bières ne craignent pas des représailles ?

Nous savons que le ministre du Commerce ne va pas tarder à envoyer ses agents sur le terrain pour sanctionner et intimider les exploitants des débits de boissons, mais ce n’est pas la solution. Il ne ferait qu’aggraver le niveau de corruption. Les autorités agissent parfois aveuglément, sans chercher à comprendre le fond du problème. L’agent qui descend sur le terrain vient faire de la répression, mais il existe des voies de recours. Nous pouvons attaquer ces actes parce que c’est une question de survie. Si on demande à tous les barmen de fermer, la difficulté sera plus grande parce que les sociétés produisent à flux tendu. Elles n’ont pas de magasins où l’on peut stocker certaines quantités.

Jean Omer Eyango

Cet article a été écrit et publié en premier par Ecomatin

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