🇨🇲 Cameroun: 15,3 milliards de pertes annuelles avec l’interdiction du bois sous forme de grumes

🇨🇲 Cameroun:  15,3 milliards de pertes annuelles avec l’interdiction du bois sous forme de grumes
🇨🇲 Cameroun:  15,3 milliards de pertes annuelles avec l’interdiction du bois sous forme de grumes

Dès le 1er janvier 2023, le Cameroun de concert aux autres pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) que sont le Tchad, le Gabon, le Congo, la République Centrafricaine et la Guinée-Equatoriale n’exporteront plus le bois sous forme de grumes.

À 4 mois de l’entrée en vigueur de cette décision, le Cameroun a mis sur pied un comité interministériel (composé des ministères des Mines, de l’Industrie et du développement technologique et des Forêts et de la Faune) qui a pour mission de proposer au gouvernement avant le 31 décembre prochain les mesures visant à anticiper les impacts négatifs de cette mesure sur les acteurs de la filière bois. « Le rapport général des travaux dudit comité, qui propose des mesures d’accompagnement des opérateurs économiques de la filière bois et des activités connexes en termes des mesures fiscales incitatives en vue du renforcement du tissu industriel local par l’acquisition des équipements à haute valeur technologique dans le domaine de la 2e et 3e transformation, ainsi que le renforcement des capacités du personnel et l’accès aux financements, a été validée par ses membres, puis transmis aux services du Premier ministre pour approbation et mise en œuvre par les ministères compétents », a fait savoir le ministre des Forêts et de la faune (Minfof), Jules Doret Ndongo dans une interview accordé au quotidien bilingue Cameroon Tribune.

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A ce comité l’on note aussi de façon interne au ministère des Forêts, la poursuite du Système informatique de gestion forestière (Sigif 2), l’organisation du marché intérieur du bois, la mise en place progressive des normes de transformation du bois, la vulgarisation de l’arrêté du 15 juin 2020 relatif à la commande publique sur l’étendue du territoire…

Toutefois, l’entrée en vigueur de ce dispositif régional, va priver le Cameroun d’un montant global de 15,3 milliards chaque année soit 13 milliards représentant les droits de sortie sur les grumes, 1,8 milliard de taxe d’abattage sur les grumes destinés à l’exportation, 580 millions sur la taxe d’inspection sur les grumes apprend-t-on du Minfof.

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Transformation locale

Développer l’industrie locale de la transformation du bois est l’objectif principal qui se greffe à cette disposition communautaire. Pour y parvenir il faudrait disposer des unités de transformation pour quitter de la phase du bois brut au produit fini. Chose que le Cameroun peine à avoir pour le moment. En effet « les statistiques disponibles révèlent en ce moment l’existence d’environ 227 unités de transformation du bois opérationnelles sur l’ensemble du territoire national. Parmi elles, 205 (soit 90%) se limitent à l a première transformation (débités et placages), 19 (soit 9%) à la deuxième transformation (bois massif reconstitués, lambris, parquets) et 3 (soit 1%) à la troisième transformation (panneaux, portes, fenêtres, lamellés collés et tous autres produits finis prêts à l’emploi », indique le Minfof. Au vu de ces données, la transformation du bois en produit fini à encore du chemin à faire et donc il faudrait disposer de plus d’unités dans la troisième transformation pour obtenir des produits finis.

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Rappelons que la décision d’interdiction de l’exportation du bois sous forme de grumes à l’échelle nationale va entraîner plusieurs enjeux. Dont : intensifier les prélèvements dans les concessions forestières de 7 millions de mètre cube par an actuels à 15 millions d’ici 2030 et la première transformation locale du bois de 75% actuel à 100%; développer les deuxième et troisième transformations locales de 50% des produits issus de la première transformation du bois ; de passer de 40 000 à 100 000 emplois dans le secteur forestier ; doubler la contribution du secteur bois au PIB ; développer le marché intra-africain des bois tropicaux.

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Cet article a été écrit et publié en premier par Ecomatin

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